Messidor

Messidor et Thermidor se marient,
Les blés d’or ondulent dans les champs.

Dans le ciel, l’alouette qui grisolle
Monte en vol saccadé pour saluer Phébus !

Dans la touffeur de ce beau mariage,
La rose tardive exhale encore son parfum.

L’oiseau prudent s’abrite rapidement
Dans l’ombre protectrice de la charmille.

Le chant des cigales résonne dans la pinède,
Et leur crissement lancinant couvre celui
Du bois sec, torturé par l’ardent soleil.

Seules les hirondelles, laborieuses là-haut,
Flèchent de leur vol rapide l’éther azuré.

Le temps, la terre semblent suspendus
A la puissance sacrée de l’astre tutélaire.

La torpeur envahit toute cette nature :

 
C’est l’heure sacrée de la sieste !

 
Moi, je suis là, paresseusement allongé
Sur les doux coussins de la balancelle.

Je ne dors pas, non, il fait trop chaud,
Je somnole, je rêve et fais des bulles !

Thermidor An 1999

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